CCN transport routier : guide complet de la convention IDCC 0016

La CCN transport routier, identifiée sous le code IDCC 0016, encadre les conditions de travail de plus de 700 000 salariés en France. Cette convention collective des transports routiers et activités auxiliaires du transport fixe les règles en matiere de salaires, primes, congés et prévoyance pour l’ensemble du secteur.
Champ d’application de la convention collective transport routier
La convention collective du transport routier (IDCC 0016) couvre les entreprises dont l’activité principale relève du transport de marchandises, du déménagement, de la location de véhicules industriels ou des activités auxiliaires du transport. Elle concerne aussi bien les conducteurs que le personnel sédentaire : agents d’exploitation, manutentionnaires et techniciens.
Le code NAF le plus courant associé à cette convention est le 4941A (transports routiers de fret interurbains) et le 4941B (transports routiers de fret de proximité). Pour vérifier si votre entreprise relève bien de l’IDCC 0016, consultez votre bulletin de paie : le numéro IDCC y est obligatoirement mentionné depuis 2009.
Cette CCN se distingue de la convention collective transport routier IDCC 3085, qui couvre spécifiquement le transport de voyageurs. Les deux textes présentent des grilles salariales et des dispositions distinctes.
Classification et coefficients des salariés
La convention transport routier organise les emplois selon un systeme de groupes et de coefficients. Chaque poste correspond à un groupe numéroté de 1 à 12, avec des coefficients allant de 110 à 200.
| Groupe | Coefficient | Exemples de postes |
|---|---|---|
| 3 | 115 M | Manutentionnaire, agent de quai |
| 5 | 128 M | Conducteur de véhicule de moins de 3,5 tonnes |
| 6 | 138 M | Conducteur porteur, conducteur de messagerie |
| 7 | 150 M | Conducteur grand routier, conducteur SPL |
| 9 | 157.5 M | Chef d’équipe, agent d’exploitation confirmé |
| 12 | 200 M | Cadre supérieur, directeur d’exploitation |
Le coefficient 150 M reste le plus répandu dans le secteur. Il correspond au conducteur titulaire du permis CE, affecté au transport longue distance. Le salaire brut mensuel pour ce coefficient s’élève à environ 1 839 euros pour 152,67 heures de base.
Grille de salaires et taux horaire dans le transport
Les minima conventionnels font l’objet de négociations régulières entre les partenaires sociaux. La dernière revalorisation applicable fixe les planchers suivants pour le personnel roulant marchandises.
Pour un conducteur au coefficient 150 M, le taux horaire brut minimum atteint 12,14 euros. Sur une base de 200 heures mensuelles (incluant les heures supplémentaires garanties), la rémunération brute mensuelle s’établit autour de 2 428 euros. Le tarif horaire varie selon le type de service : courte distance, longue distance ou grand routier.
Les heures supplémentaires se majorent de 25 % de la 36e à la 43e heure, puis de 50 % au-delà. Le personnel roulant bénéficie aussi d’un régime spécifique pour les heures de nuit, majorées de 20 % entre 21 h et 6 h. Pour consulter le détail des barèmes, retrouvez la grille de salaire convention collective transport routier et activités auxiliaires.
Primes et indemnités prévues par la CCN
Calcul de la prime d’ancienneté
La convention collective des transports routiers prévoit une prime d’ancienneté progressive. Elle se calcule sur le salaire minimum conventionnel du coefficient concerné :
- 2 % après 2 ans d’ancienneté
- 4 % après 5 ans
- 6 % après 10 ans
- 8 % après 15 ans
Un conducteur au coefficient 150 M avec 10 ans d’ancienneté perçoit donc une prime mensuelle d’environ 110 euros brut, calculée sur le minimum conventionnel de son groupe.
Rémunération des jours fériés
Le transport routier applique des regles spécifiques pour les jours fériés travaillés. Le salarié perçoit une majoration de 100 % de son taux horaire pour chaque heure travaillée un jour férié. Le 1er mai reste le seul jour férié chômé et payé double par obligation légale.
Pour les 10 autres jours fériés, la convention prévoit un maintien de salaire si le salarié justifie de 3 mois d’ancienneté. Concrètement, un conducteur qui travaille le 14 juillet voit sa journée payée double : salaire normal plus majoration de 100 %.
Frais de déplacement et indemnités de repas
Les conducteurs routiers perçoivent des indemnités de repas journalières. Le montant varie selon que le repas est pris au restaurant ou hors restaurant. L’indemnité repas unique s’élève à environ 15,20 euros, tandis que l’indemnité grand déplacement atteint environ 47 euros par jour. Retrouvez les barèmes détaillés dans notre article sur les droits et salaires de la convention collective du transport routier.
Prévoyance et protection sociale des conducteurs
La CCN transport routier impose à chaque employeur de souscrire un contrat de prévoyance collective pour ses salariés. Cette couverture obligatoire comprend 3 garanties principales :
- Décès : versement d’un capital égal à 3 fois le salaire annuel brut
- Invalidité permanente : rente mensuelle calculée sur le salaire de référence
- Incapacité temporaire : maintien partiel du salaire en cas d’arrêt maladie prolongé
L’employeur prend en charge au minimum 50 % de la cotisation prévoyance. Le taux de cotisation global représente environ 1,50 % du salaire brut. Les organismes référencés par la branche (CARCEPT-Prévoyance, IPSA) assurent la gestion de ces contrats pour la majorité des entreprises du secteur.
Congés payés et RTT dans le transport routier
Le personnel roulant bénéficie de 30 jours ouvrables de congés payés annuels, soit 5 semaines completes. La convention collective transport routier prévoit des jours de congés supplémentaires liés à l’ancienneté : 1 jour après 20 ans, 2 jours après 25 ans et 3 jours après 30 ans dans la profession.
Sur le terrain, les conducteurs longue distance accumulent aussi des repos compensateurs obligatoires. Ces repos viennent compenser les dépassements de la durée de travail hebdomadaire au-delà de 44 heures sur 2 semaines consécutives. Le droit aux RTT dépend de l’accord d’entreprise : la convention ne fixe pas de nombre de RTT obligatoire, mais encadre les compensations en temps.
Si vous approchez de la fin de carrière, renseignez-vous sur le congé de fin d’activité transport routier, un dispositif propre au secteur qui permet un départ anticipé sous conditions.
Arrêt maladie et maintien de salaire
En cas d’arrêt maladie, la convention collective transports routiers et activités auxiliaires du transport garantit un maintien de salaire au-delà du délai de carence de 3 jours. Les conditions varient selon l’ancienneté du salarié :
| Ancienneté | Maintien à 100 % | Maintien à 75 % |
|---|---|---|
| 1 à 3 ans | 30 jours | 30 jours |
| 3 à 5 ans | 40 jours | 40 jours |
| 5 à 10 ans | 50 jours | 50 jours |
| Plus de 10 ans | 60 jours | 60 jours |
Le maintien s’applique sous déduction des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS). Le salarié doit justifier son arrêt dans les 48 heures et avoir au moins 1 an d’ancienneté pour en bénéficier.
Préavis de démission et indemnités de licenciement
Le délai de préavis dépend de la catégorie professionnelle du salarié. Les ouvriers et employés respectent un préavis d'1 mois, les agents de maîtrise 2 mois et les cadres 3 mois. En cas de licenciement, l’indemnité légale se cumule avec l’indemnité conventionnelle si celle-ci est plus favorable.
L’indemnité de licenciement prévue par la CCN transport routier s’élève à 1/5 de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premieres années, puis 1/3 de mois au-delà. Un conducteur avec 15 ans d’ancienneté et un salaire de référence de 2 400 euros perçoit environ 5 600 euros d’indemnité conventionnelle.
Le secteur recrute activement malgré les tensions sur le marché. Consultez notre guide des entreprises de transport routier qui recrutent pour identifier les opportunités d’emploi actuelles.
La convention collective IDCC 0016 constitue le socle réglementaire de tout le secteur du transport de marchandises en France. Chaque salarié et employeur gagne à connaître précisément ses dispositions pour sécuriser la relation de travail et garantir le respect des droits de chacun.


