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Qu'est-ce que le TRM ? Définition et chiffres du secteur

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Qu'est-ce que le TRM ? Définition et chiffres du secteur

Le TRM désigne le transport routier de marchandises : l’acheminement de fret par camion sur le réseau routier, pour le compte d’autrui ou pour compte propre. L’acronyme structure la statistique publique française, la classification NAF du secteur et l’accès réglementé à la profession de transporteur, encadré par la DREAL et le Code des transports.

TRM : que recouvre exactement le sigle ?

Le sigle apparaît de façon constante dans les publications du SDES, de l’Insee et des fédérations professionnelles : transport routier de marchandises. Il désigne toute opération de déplacement de biens par la route, quel que soit le statut de l’entreprise qui l’organise, du grand groupe intégré à l’artisan installé avec un seul véhicule.

Deux régimes juridiques distincts se cachent derrière ce terme unique. Le transport pour compte d’autrui couvre les entreprises dont l’activité principale consiste à transporter les marchandises d’un tiers moyennant rémunération, sous couvert d’une licence de transport délivrée après contrôle de leur dossier. Le transport pour compte propre, lui, concerne une entreprise industrielle ou commerciale qui déplace ses propres biens avec sa propre flotte, sans que le transport ne constitue son cœur de métier : un fabricant de matériaux qui livre ses chantiers avec ses camions en relève, par exemple.

Cette distinction n’est pas qu’un point de vocabulaire administratif. Elle structure l’enquête permanente sur l’utilisation des véhicules routiers de marchandises, pilotée par le SDES depuis plusieurs décennies pour mesurer séparément l’activité du compte d’autrui et celle du compte propre. Les résultats alimentent la comptabilité nationale, le suivi conjoncturel de l’économie des transports et les études sur les flux de marchandises par origine et destination, utilisées ensuite pour orienter la politique d’infrastructures routières.

Un troisième repère circule en parallèle de ces deux régimes : le TRM social. Ce périmètre désigne spécifiquement les données d’emploi et de conditions de travail des conducteurs, publiées à part par le SDES. Fin 2023, il recensait 429 000 salariés, dont les trois quarts exercent la conduite de véhicules lourds ou de véhicules utilitaires légers, un chiffre qui fait du TRM le premier employeur de l’ensemble des activités de transport en France.

La classification NAF du secteur : 49.41A, 49.41B, 49.41C

Toute entreprise de transport routier reçoit, à sa création, un code NAF attribué par l’Insee. Ce code identifie son activité principale et conditionne, en pratique, la convention collective applicable, certaines obligations sociales et le périmètre des statistiques sectorielles publiées chaque année. Pour le fret routier, la nomenclature distingue trois sous-classes au sein de la classe 49.41, intitulée Transports routiers de fret.

  • Le code 49.41A couvre les transports routiers de fret interurbains : l’acheminement de marchandises sur des trajets généralement supérieurs à 150 kilomètres, le cœur historique du TRM longue distance.
  • Le code 49.41B couvre les transports routiers de fret de proximité : l’enlèvement ou la livraison de marchandises lors de déplacements de courte durée, le plus souvent en milieu urbain ou périurbain.
  • Le code 49.41C couvre la location de camions avec chauffeur : la mise à disposition d’un véhicule ET de son conducteur, généralement sous contrat de durée déterminée, un segment qui représente environ 5 000 entreprises en France.

Camions de transport garés en rangées sur une aire logistique au lever du jour

Le déménagement, classé à part en 49.42Z, forme une catégorie distincte de la nomenclature, bien que les deux activités se recoupent parfois au sein des mêmes groupes d’entreprises.

Cette classification n’a rien d’un simple repère administratif. Elle sert de base aux enquêtes du SDES, aux statistiques de l’Insee sur les créations et défaillances d’entreprises du secteur, et aux organismes sociaux pour délimiter le champ d’application de la convention collective nationale du transport routier. Un chargeur qui vérifie le code NAF d’un prestataire avant de contractualiser s’assure ainsi de traiter avec un professionnel du fret, et non avec un simple loueur de véhicule sans chauffeur ni licence de transport.

Poids économique et structure des acteurs

Le TRM pèse lourd dans l’économie française des transports, mais sa structure reste dominée par de très petites entreprises. Selon le ministère de la Transition écologique, le secteur comptait 33 000 entreprises de transports routiers de fret en 2020, pour un chiffre d’affaires cumulé de 52,7 milliards d’euros et 437 000 salariés. Sur la même période, le mode routier assurait 88,4 % du transport terrestre de marchandises, loin devant le ferroviaire et le fluvial.

Une étude Insee Focus, portant sur l’exercice 2017, détaille la répartition par taille d’entreprise : 83 % de microentreprises, 16 % de PME de taille supérieure, et seulement 0,4 % d’entreprises de taille intermédiaire ou de grands groupes. Ce dernier segment, minoritaire en nombre, capte pourtant une part disproportionnée de l’activité : les PME non microentreprises réalisent à elles seules 45 % du chiffre d’affaires sectoriel, contre 18 % en moyenne toutes activités de transport confondues.

Cette fragmentation a un revers documenté : une valeur ajoutée resserrée. Le TRM ne conserve que 36,2 % de son chiffre d’affaires en valeur ajoutée, contre 42,1 % pour l’ensemble des transports, toujours selon cette étude Insee. Le carburant, la sous-traitance et l’intérim absorbent l’essentiel de l’écart : ces deux derniers postes représentent chacun environ 35 % des achats et charges externes du secteur, une donnée qui explique pourquoi les marges des transporteurs varient autant d’une entreprise à l’autre selon son degré d’intégration.

Semi-remorques alignées le long d’un quai de chargement au petit matin

Côté volume d’activité, le SDES chiffre le transport terrestre de marchandises à 344 milliards de tonnes-kilomètres en 2024, dont 89 % assurés par la route. Le pavillon français y contribue à hauteur de 168,2 milliards de tonnes-kilomètres, en progression de 2,5 % sur un an, un niveau qui se rapproche des volumes observés en 2022. Le transport national pour compte d’autrui représente à lui seul environ 85 % de cette activité pavillon.

Côté emploi, la tension reste durable. Fin 2023, le TRM social recensait 429 000 salariés, essentiellement des conducteurs de véhicules lourds et légers. La durée hebdomadaire moyenne de service atteignait 45 heures et 36 minutes cette année-là, avec une part de conduite effective qui grimpe à 74 % sur les tournées longue distance, contre 60 % en distribution urbaine de proximité. Les grilles de rémunération qui en découlent sont détaillées dans notre analyse des salaires du transport routier.

Créer une structure dans ce secteur atomisé suppose d’anticiper cette réalité concurrentielle avant même de déposer un dossier de licence. Notre guide sur la création d’une société de transport routier détaille les démarches et les seuils de capacité financière à réunir selon le PTAC des véhicules exploités.

Le cadre réglementaire et les acteurs institutionnels du TRM

L’accès à la profession de transporteur routier n’est pas libre. Il obéit à un cadre européen transposé en droit français, avec un acteur central : la DREAL, qui instruit les dossiers et tient le registre des transporteurs pour le compte du préfet de région. Une entreprise doit réunir l’honorabilité professionnelle de son dirigeant, une capacité financière minimale et une capacité professionnelle attestée par examen avant d’obtenir sa licence de transport.

Deux niveaux de licence coexistent selon le tonnage exploité. La licence communautaire s’impose au-delà de 3,5 tonnes de PTAC pour le transport pour compte d’autrui, y compris à l’international. En deçà de ce seuil, une licence intérieure suffit, avec des exigences de capacité financière allégées. Ces seuils et leurs conditions détaillées figurent dans notre synthèse de la réglementation du transport routier en France.

Camions garés côte à côte sur une plateforme logistique en fin de journée

Le contrat qui matérialise chaque opération, la lettre de voiture, s’inscrit lui aussi dans un cadre légal précis : le Code des transports encadre les contrats de transport routier de marchandises aux articles L3222-1 à L3222-9, avec des dispositions spécifiques sur la répercussion du prix du gazole professionnel dans le prix du transport. S’y ajoute une fiscalité propre au secteur, entre remboursement partiel de TICPE sur le gazole professionnel et taxe à l’essieu applicable aux véhicules les plus lourds.

Au-delà de l’État, le secteur s’organise aussi par ses corps intermédiaires. Les fédérations professionnelles, au premier rang desquelles la FNTR et l’OTRE, négocient la convention collective nationale du transport routier, référencée sous l’IDCC 3085, qui fixe les grilles de salaires, les primes et le temps de travail applicables aux entreprises relevant des codes NAF 49.41. Notre dossier sur la convention collective du transport routier détaille ses dispositions par catégorie de personnel. Le suivi économique du secteur, lui, revient au Comité National Routier, qui publie mois après mois l’évolution des coûts de revient utilisés comme référence dans les négociations commerciales, un sujet que notre dossier sur le transport routier de marchandises prolonge côté structure des prix.

Le TRM reste, in fine, un secteur où la définition administrative précède toujours la pratique commerciale. Un chargeur, un transporteur ou un porteur de projet gagnent à vérifier code NAF, licence et rattachement conventionnel avant de signer le premier contrat. Prochaine étape pour qui veut entrer dans ce secteur : réunir la capacité financière exigée, préparer l’examen de capacité professionnelle, puis choisir entre licence communautaire et licence intérieure selon le PTAC réellement exploité.